vendredi 13 mars 2015

Pourquoi Google place Android au coeur de sa stratégie ?

Android sur votre smartphone et tablette. Android sur votre poignet, dans votre voiture, sur votre télévision, dans votre maison... Android partout et tout le temps. Voilà la nouvelle stratégie de Google. Plus que jamais, le géant du web compte sur son système d'exploitation (OS) mobile pour étendre son emprise.

Pour s'en convaincre, il suffit d'analyser la keynote d'ouverture de Google I/O, la grande conférence annuelle des développeurs qui s'est tenue la semaine dernière à San Francisco. Plus de 2h30 quasiment consacrées intégralement à Android. Pas un mot sur son moteur de recherche, sur son navigateur Chrome, sur ses cartes Maps, sur son réseau social Google Plus...

CAPITALISER SUR LA MARQUE

A la place, Google a dévoilé Android Wear, une version adaptée pour les “wearables”, ces gadgets high-tech que l’on porte sur soi. Les deux premières montres équipées sortiront en juillet. La société a aussi présenté Android Auto, en association avec une quarantaine de constructeurs automobiles. Dernière annonce: Android TV, une interface permettant d’accéder à des contenus en ligne depuis sa télévision.
Trois nouveautés, trois déclinaisons de l'OS mobile de Google, La société de Mountain View souhaite clairement capitaliser sur sa marque. Et pour cause: lancé en 2008, Android rencontre un succès fulgurant. Gratuit et ouvert, il équipe aujourd’hui 80% des smartphones vendus dans le monde et 60% des tablettes. Ce sont ainsi plus d'un milliard de personnes qui utilisent un terminal sous Android.
En utilisant cette marque, Google espère ainsi convaincre le grand public de l'intérêt de ces nouveaux objets connectés. Cela est d'autant plus important que la concurrence avec Apple devrait y être aussi féroce qu'elle ne l'est aujourd'hui sur le marché des mobiles. Autre intérêt: rassurer les développeurs, dont le soutien est indispensable pour proposer toujours plus d'applications aux utilisateurs.

DOMINER l'INTERNET DES OBJETS

Avec Android, le moteur de recherche veut mettre toutes les chances de son côté pour dominer la prochaine vague des objets connectés, mais aussi les suivantes. Le potentiel de cet "Internet des objets" fait saliver les géants de la Silicon Valley. Plusieurs cabinets d'études, comme Gartner ou IDC, y voient un marché de plusieurs milliards de dollars par an. Chacun veut sa part du gâteau.
Pour Google, ces objets connectés signifient encore plus de données sur ses utilisateurs. Et donc des publicités mieux ciblées et surtout beaucoup plus pertinentes. Plus de lait dans votre réfrigérateur ? Un supermarché situé sur votre trajet quotidien vous envoie une promotion. Dans un récent document adressé aux autorités boursières américaines, la société indique par ailleurs qu'elle pourrait diffuser de la publicité sur "les réfrigérateurs, les tableaux de bord, les thermostats, les lunettes et les montres".
En début d'année, Google n'a ainsi pas hésité à dépenser plus de 3 milliards de dollars pour acheter Nest, start-up connue pour ses thermostats et ses détecteurs de fumée intelligents. Restées indépendantes, ses équipes travaillent déjà sur la deuxième étape de la maison connectée. Leurs prochains produits devraient aussi embarquer une version adaptée d'Android. Ils serviront alors de fer-de-lance à Google afin de convaincre les autres fabricants à opter pour le même OS.

"EMPRISONNER" LES UTILISATEURS

En démultipliant Android, Google souhaite aussi développer un écosystème complet et multi-plateformes. C'est particulièrement important pour obtenir le soutien des développeurs, en leur permettant de créer facilement des applications compatibles sur l'ensemble des terminaux. Pour les utilisateurs, cela est aussi synonyme de facilité, notamment parce que tous ces objets seront reliés avec leur smartphone.
Tous les appareils sous Android interagiront ensemble, avec les mêmes applications et les mêmes interfaces. Et ils seront d'autant plus fonctionnels qu'ils seront connectés les uns aux autres. Cette stratégie est également employée par Apple et, dans un moindre degré, par Microsoft. La contre-partie: les utilisateurs risquent fort d'être "emprisonnés" dans cet écosystème.
“Si vous possédez un smartphone Android, il sera alors logique d’acheter une montre, une télé ou une voiture aussi équipée d’Android”, explique Brian Blau, analyste au sein de Gartner. Parfois, vous n'aurez même pas le choix. A l'heure actuelle, Android Wear et Android Auto ne sont pas compatibles avec les systèmes concurrents iOS et Windows Phone.

REGAGNER LE CONTRÔLE D'ANDROID

Problème pour Google: Android est un système ouvert qui peut être modifié par les fabricants de smartphones. Ces derniers ne s'en privent pas, à l'image de Samsung qui ajoute une surcouche logicielle baptisée TouchWiz. C'est pour cela que les appareils Android des différents marques n'offrent pas la même expérience. Pour Google, cette situation est devenue dérangeante. Surtout dans l'optique d'imposer un écosystème unifié.
Le groupe de Mountain View veut donc regagner le contrôle de son OS. Première étape: le programme Android One, dévoilé la semaine dernière lors de Google I/O. Celui est destiné aux marchés émergents. Il permet aux constructeurs de bénéficier de solutions clé en main, aussi bien sur le plan matériel que logiciel, pour fabriquer des appareils Android. Cela signifie des versions non modifiées du système, directement mises à jour par Google.
La prochaine étape sera beaucoup plus stratégique: faire la même chose avec les principaux fabricants, plus particulièrement avec le sud-coréen Samsung, numéro un mondial du marché. C'est le programme Android Silver, dont la presse américaine se fait régulièrement l'écho. Google serait prêt à rémunérer ses partenaires pour qu'ils ne touchent pas Android - comme cela leur sera imposé pour les nouvelles déclinaisons de l'OS. Un petit prix à payer.


vendredi 20 février 2015

Le responsable e-Business

Le responsable business en ligne, un directeur des ventes interactives…

Le responsable e-business concilie le monde interactif et le monde des affaires. Son objectif principal : Les ventes.
  • Ventes directes : générées directement en ligne
  • Ventes Indirectes : via la génération de contacts, de leads
On l’assimile souvent au pilotage de la vente en ligne mais il a beaucoup d’affaires en dehors d’internet. Les informations qui le passionnent sont le suivi des KPIs des sites dont il a la charge. Il rentre parfois dans le processus de création de projets web mais s’inscrit plus dans la vie interactive des solutions mise en place et le pilotage de leurs évolutions. C’est souvent lui qui surveille la promotion directe comme les achats de mots clefs, l’affiliation, les campagnes bannières et etc.

Le responsable e-business va devoir :
  • Développer le Chiffre d’Affaire généré grâce à l’interactif
  • Fixer ou tenir les objectifs de vente
  • Proposer et mettre en place de nouvelles actions de développement business

Les livrables du responsable e-business :

du Chiffre d’Affaire rien que du Chiffre d’Affaire
  • des tableaux de bord
  • le plan stratégique annuel ainsi que la stratégie à mettre en œuvre

Un responsable e-business est un directeur commercial (sans équipe commerciale) utilisant les techniques du marketing online et offline pour accroître les ventes, ou ses pistes de ventes, générées en ligne.

Selon la notoriété de la marque et le caractère de l’entreprise (pure player et grandes structures type Priceministrer, Fnac ou plus modestement les marques type Armand Thiery, Celio, Jules, etc.) le budget et l’envergure de l’équipe dont il dispose sont sans commune mesure. Chez les grands acteurs, l’équipe peut atteindre une quarantaine de personnes et plus, alors qu’elle se situe plutôt entre 3 et 10 personnes pour les marques et les sites plus modestes, ou dont la cible est plus restreinte.

Le responsable e-business s’entoure de compétences

Pour satisfaire sa mission, le responsable e-business dispose de toute une artillerie de techniques liées au commerce et au e-marketing. Il encadre des compétences très diverses (designers, développeurs, référenceurs, rédacteurs) dont les propositions et les attentes diffèrent souvent. Il arbitre donc en permanence pour avancer.

Ainsi, en collaboration avec son webmaster, son responsable promotion, son responsable e-marketing et son web-analyst, il élabore les actions à mener et définit l’effort humain et financier que doit consentir l’entreprise pour leur réalisation.

S’aidant de tableaux de bord qu’il a conçus, il vérifie de façon quotidienne ou hebdomadaire ses retours sur investissement, la performance des promotions et des publicités en cours et la capacité de conversion du tunnel de commande et de produits.

« C’est un poste où il est à la fois surveillé par la direction pour les engagements pris, attendu par son équipe, de qui il exige souvent des concessions, et observé par d’autres services internes auprès desquels il compose souvent (DSI, logistique, achats…) »

Il dispose d’excellentes qualités managériales

Autre levier de croissance des ventes d’un site : le référencement et le développement d’espaces publicitaires sur des sites tiers. Dans ce cas le responsable e-business s’appuie sur des spécialistes du référencement naturel et payant (SEO et SEM) et sur des compétences en achat d’espaces.

Au final, toute la difficulté de ce métier est de mixer tous ces leviers – compétences internes, agences partenaires, prestataires de solutions – et de prioriser les actions à mener en fonction du budget et du temps imparti.

Entre 35 et 45 ans, issu généralement du sérail du marketing ou du commerce, le responsable e-business dispose d'une expertise de plusieurs années sur les sites de commerce en ligne.  En résumé, il doit maîtriser la vente et être capable de manager des compétences très hétéroclites, être curieux des technologies innovantes du web, veiller à l'activité concurrentielle et savoir identifier et suivre ses propres indicateurs clés de performance (KPI), qui lui apporteront la matière pour prendre les décisions les plus pertinentes dans sa course vers l’amélioration des ventes.

Salaire

Entre 55 et 65 k€ brut, variable compris pour un premier poste. Entre 50 ou 90 k€ de salaire fixe à ajouter au salaire variable et aux primes, pour un senior.

jeudi 15 janvier 2015

Les plate-formes SaaS, une révolution pour le business des entreprises

Crédit : Fotolia
En mettant de nouveaux outils technologiques (logiciels SaaS) à la disposition de leurs clients, les entreprises transforment leur façon d'appréhender le business. Tous les acteurs de la chaîne jusqu'au client final en sortent gagnant.
La question qui se pose aujourd'hui pour les entreprises n'est plus de savoir s'il convient de mettre en place des outils technologiques pour augmenter leur productivité mais plutôt quelles solutions proposer afin de fluidifier les relations avec leur écosystème en général et avec leurs clients en particulier.

Ainsi, comme toutes les grandes organisations, Groupama a depuis longtemps informatisé ses processus et dispose d'une forte présence sur Internet à travers les différents sites du groupe. Mais jusqu'à récemment, notre approche des technologies restait assez classique, le Web étant surtout perçu comme la continuité de notre activité commerciale. Notre perception et notre action ont profondément évolué à la suite de notre rapprochement avec l'éditeur de logiciel de gestion Cegid dans le capital duquel Groupama a pris une participation financière de 27%. Cette opération s'est faite en 2007 et après un temps pour organiser les équipes et les offres, c'est aujourd'hui que l'on peut en saisir vraiment les bénéfices. En effet, en s'appuyant sur l'expertise technologique de Cegid, nous avons créé des portails Internet destinés à trois catégories de professionnels qui sont pour Groupama de véritables relais de croissance : les chefs d'entreprises des TPE-PME ; les experts-comptables et les élus des collectivités territoriales.

Faire du portail Web un lieu d'échange entre pairs L'idée principale de ces portails est d'en faire des lieux d'échange entre pairs. Il s'agit de créer un écosystème où les internautes vont trouver des réponses à leurs questions et vont être informés de tout ce qui concerne leur environnement fiscal, réglementaire ou financier. Pour cela, les communautés s'appuient également sur l'expertise apportée par des acteurs clés de ces secteurs comme par exemple les chambres de commerce et d'industrie. Les portails permettent également d'avoir accès à des solutions logicielles qui vont accompagner les professionnels dans leur gestion. Ces outils sont accessibles en environnement SaaS (Software as A Service) afin qu'ils soient disponibles tout le temps (Any Time), partout (Any Where) et sur n'importe quel terminal (Any Device).

Quel enseignement devons-nous tirer de la mise en place de ces outils numériques et en quoi pouvons-nous dire qu'ils ont transformé l'entreprise ?

D'abord avec Cegid, Groupama est rentré dans une nouvelle dimension car le Saas est une nouvelle façon d'appréhender le business. C'est en effet la première fois que nous mettons des outils à la disposition des clients et que nous facturons ces outils. Mais c'est aussi et surtout une nouvelle dimension que nous apportons à nos clients et notamment aux experts-comptables. Très souvent, ces derniers sont les seuls interlocuteurs financiers des TPE et même des PME. Or face à la concurrence, ils sont obligés d'enrichir leur gamme de services pour se distinguer. Leur activité va devoir être de plus en plus créatrice de valeur. Et c'est ce que nous leur offrons à travers le portail : avoir la possibilité de donner de la valeur ajoutée à leur activité et ainsi augmenter leurs chiffres d'affaires auprès de leurs clients habituels. Mais également partir à la conquête de nouvelles opportunités en ayant le maximum d'atouts en main. C'est ainsi que la transformation numérique que nous avons engagée permet de valoriser tout l'écosystème de l'entreprise.

mardi 16 décembre 2014

Le trafic internet multiplié par quatre d'ici 2016

Selon une étude réalisée par Cisco, l'usage des terminaux mobiles connectés va porter le trafic mondial à 1,3 zettaoctets.

L'usage croissant des gadgets informatiques telles les tablettes et les smartphones laisse présager une multiplication par quatre du trafic internet d'ici 2016, prédit une étude américaine publiée mercredi.

L'équipementier en télécommunications Cisco estime que le débit internet mondial atteindra 1,3 zettaoctets dans quatre ans, sachant qu'un zettaoctet équivaut à mille milliards de gigaoctets. C'est quatre fois le niveau de 2011, selon le communiqué du groupe californien.

Cette croissance sera d'abord due à la prolifération des appareils permettant de se connecter à internet, poursuit l'étude, qui cite les tablettes, les téléphones portables et « autres gadgets intelligents ».

D'ici 2016, le nombre de connections devrait atteindre 18,9 milliards --soit près de 2,5 par personne--contre 10,3 milliards en 2011.

« Que ce soit par les appels téléphoniques avec webcam, les films sur tablette, la télé par internet ou les vidéo-conférences, la somme de nos actions crée non seulement une demande de zettaoctets de bande passante, mais change aussi en profondeur les conditions nécessaires au réseau pour pouvoir satisfaire les besoins », a indiqué le vice-président de Cisco, Suraj Shetty.

Un deuxième facteur de hausse, selon l'étude, réside dans le nombre croissant d'internautes. En 2016, ils seraient 3,4 milliards, soit environ 45% de la population mondiale, selon les estimations des Nations unies.

L'étude prend aussi en compte la vitesse croissante du débit, qui serait multipliée par quatre, et la part grandissante de la wifi. En 2016, Cisco s'attend à ce que plus de la moitié du trafic internet mondial passe par une connexion sans fil.

vendredi 7 juin 2013

Quelles sont les technologies qui vont vraiment changer le Monde ?


Au cours de ces dernières semaines, trois instituts réputés, Mc Kinsey, le MIT et le Forum économique mondial (WEF) ont publié coup sur coup leurs analyses prospectives respectives des technologies de rupture pour les années à venir. La comparaison de ces trois « palmarès » technologiques est riche d’enseignements et fait apparaître certains points de convergence mais également des différences d’appréciations notables quant à l’impact économique réel d’un certain nombre d’innovations scientifiques et techniques.

Le célèbre cabinet McKinsey a publié début mai une étude intitulée « Les technologies de rupture qui vont transformer la vie et l’économie » (McKinsey et Nytimes).

Dans cette analyse, McKinsey a sélectionné 12 « ruptures » technologiques qui doivent répondre simultanément à quatre critères : la rapidité de diffusion dans l’économie, l’étendue de l’impact économique en terme de salariés concernés, l’effet en termes de productivité et enfin l’impact innovant transversal que cette rupture entraîne dans les autres secteurs scientifiques et industriels.

Il est important de souligner que, selon McKinsey, ce sont les technologies numériques qui vont se tailler la part du lion au cours des prochaines années, en termes d’impact économique et social, puisqu’elles représentent à elles seules 7 des 12 technologies retenues.

Ces technologies numériques sont également celles qui devraient, de loin, permettre les ruptures économiques les plus importantes et entraîner le plus de création de richesse.

À cet égard, il est intéressant de constater la grande disparité d’impact économique entre les différentes technologies retenues par ce classement : selon McKinsey, la technologie classée en tête, l’Internet mobile, aura un potentiel économique aussi considérable à lui seul (10,8 trillions de dollars) que les effets économiques réunis des quatre technologies suivantes dans le classement, à savoir l'automatisation de la connaissance (5,2 trillions de dollars), les objets connectés (2,7 trillions de dollars), l’informatique en nuages (1,7 trillion de dollars) et la robotique avancée (1,7 trillion de dollars).

Quant aux sept dernières technologies de ce classement, les véhicules autonomes (0,2 trillion de dollars), la génomique nouvelle génération (0,7 trillion de dollars), le stockage de l'énergie (0,1 trillion de dollars), l'impression 3D (0,2 trillion de dollars), les matériaux avancés (0,2 trillion de dollars), l'exploration pétrolière avancée (0,1 trillion de dollars), et enfin les énergies renouvelables (0,2 trillion de dollars), on constate que l’addition de leur impact économique global atteint à peine l’impact économique de la robotique avancée et est six fois moins important que l’impact de la technologie phare, l’Internet mobile.

Cette grande disparité d’impact s’explique si l’on prend en considération le nombre de personnes qui vont rapidement être concernées dans leurs vies professionnelle et personnelle par la diffusion de ces différentes innovations.

Or, McKinsey considère que ce sont les trois premières technologies numériques de son classement, l’Internet mobile, l’automatisation de la connaissance et l’Internet des objets qui, démultipliant leurs effets réciproques, auront les conséquences les plus radicales sur la productivité et l’efficacité de l’économie mondiale dans son ensemble.

D’une manière un peu curieuse et à mon sens qui demandera à être vérifiée, la robotique avancée, bien qu’elle soit reconnue par cette étude comme une technologie à très fort potentiel économique et industriel, n’arrive qu’en cinquième position de ce classement.

On peut pourtant se demander, compte tenu du vieillissement démographique mondial sans précédent qui va se produire au cours des 30 prochaines années, et des immenses besoins médicaux sanitaires et sociaux qui en résulteront, si la robotique intelligente n’aura pas un impact au moins aussi important d’ici une génération, que l’Internet mobile ou la connaissance automatique.

De la même façon, on reste un peu dubitatif quant à la faible place accordée par ce classement aux ruptures technologiques liées aux matériaux intelligents et à la production, au transport et au stockage de l’énergie.

Il semble en effet assez probable que des révolutions technologiques majeures vont avoir lieu avant une dizaine d’années dans le domaine clé de l’énergie, à commencer par l’exploitation industrielle des hydrates de méthane sous-marin et de l’hydrogène naturel et par l’arrivée de cellules solaires organiques à haut rendement et à faible coût, autant de bouleversements technologiques dont l’impact économique global pourrait être bien plus important que celui prévu par l’étude de McKinsey.

Par ailleurs, certains économistes observent que depuis 20 ans, l’essentiel de la valeur créée par les technologies numériques s’est traduit par une baisse du prix des produits et non par une forte augmentation des revenus. Il n’est donc pas du tout certain que les technologies numériques restent à ce point dominantes, comme moteur de la croissance économique, par rapport à d’autres domaines d’innovation tout aussi essentiels pour la planète et ses habitants, comme les biotechnologies, les technologies de l’énergie et les technologies « vertes », liées à la restauration et à la valorisation de l’environnement.

Si l’on compare à présent le classement technologique de McKinsey avec ceux que viennent de publier le MIT (Technology Review), et le Forum économique mondial (Forum), on constate qu’un rééquilibrage très important s’opère en faveur des technologies énergétiques, des biotechnologies et enfin des technologies environnementales.

Dans le domaine énergétique, les classements du MIT et du Forum économique mondial convergent pour reconnaître comme technologies de rupture la nano-électronique organique qui devrait permettre de réaliser des cellules solaires photovoltaïques souples, peu coûteuses et très efficace en termes de rendement, ce qui bouleverserait évidemment la donne énergétique mondiale.

Autre domaine où des ruptures technologiques aux conséquences économiques majeures pourraient intervenir : la production de biocarburants à bilan carbone neutre et n’entrant pas en compétition avec les productions agricoles, qu’il s’agisse de carburants issus du bois ou produits à partir de culture industrielle d’algues marines.

Autre innovation dans le domaine de l’énergie considérée comme stratégique par ces deux instituts de recherche, les réseaux en grille, ou réseaux intelligents (smart grid), conçus pour gérer et intégrer l’ensemble des sources d’énergie renouvelable et capables de prévoir et d’ajuster en temps réel l’offre et la demande d’énergie.

Dans le domaine des biotechnologies, ces deux autres classements réhabilitent également certaines innovations scientifiques et techniques majeures, telles que la production d’aliments à haute valeur nutritive, grâce à l’utilisation de techniques génomiques permettant d’optimiser la production de protéines par un contrôle génétique très fin des productions agricoles.

La nanomédecine et les nanomédicaments sont également reconnus par ces deux classements en tant qu’innovation de rupture majeure, susceptible d’apporter des solutions thérapeutiques efficaces et personnalisées dans le traitement des grandes pathologies tueuses (cancer, maladies cardio-vasculaires et maladies neurodégénératives) et d’être à l’origine d’une nouvelle révolution médicale.

Enfin, ces deux classements réintègrent les technologies « vertes » et notamment celles qui permettent la dépollution, la purification et le dessalement de l’eau grâce aux énergies renouvelables ou à l’utilisation de bactéries génétiquement modifiées.

Même si personne ne conteste l’importance et l’impact de la révolution numérique en termes économiques, sociaux et culturels, il faut se garder de céder à un « réductionnisme numérique » et se souvenir que la longue histoire scientifique, technologique et économique des sociétés humaines a été régulièrement bouleversée par des découvertes et inventions totalement inattendues et qui n’étaient pas déductibles des technologies dominantes à une époque donnée.

On peut cependant s’étonner qu’aucune de ces trois études prospectives, sensées déceler les ruptures technologiques majeures qui s’annoncent, n’évoque dans ses prévisions certains sauts scientifiques qui sont à présent passés de l’ordre du possible à celui du probable, comme l’ordinateur quantique, l’optogénétique ou la fusion thermonucléaire contrôlée.

Il y a quelques jours, Google et la NASA ont ainsi annoncé qu’ils venaient de faire l’acquisition d’un ordinateur quantique fabriqué par la société canadienne D Wave (Scientific American et Nytimes).

Selon les premiers tests réalisés, cette machine serait capable de résoudre la plupart des problèmes 11 000 fois plus rapidement que les superordinateurs conventionnels. Ce gain de rapidité pourrait même atteindre un facteur 50 000 pour les calculs les plus complexes. La machine actuelle travaille sur 512 Qbits mais la NASA envisage de porter cette puissance déjà phénoménale à 2048 Qbits.

Si les performances de cet ordinateur quantique se confirment, c’est l’ensemble de notre civilisation qui s’en trouvera radicalement bouleversée. En effet, il deviendra possible avec des machines d’une telle puissance d’effectuer des calculs, modélisations et simulations qui sont aujourd’hui totalement hors de notre portée. En biologie par exemple, on pourra simuler l’évolution des structures et des phénomènes les plus complexes. La conception de nouvelles molécules thérapeutiques s’en trouvera révolutionnée.

De telles machines permettront également des pas de géant en matière de compréhension et de prévision du climat ou encore de conception de nouveaux matériaux aux propriétés inédites.

Si ces machines quantiques tiennent leurs promesses, l’intelligence artificielle partagée et accessible à tous deviendra une réalité et il sera alors possible d’exploiter avec une efficacité à peine concevable aujourd’hui les immenses ressources cognitives disponibles sur l’Internet.

L’optogénétique, pour sa part, est à la fois une discipline et une technologie apparues en 2005. Elle consiste à commander et à contrôler, grâce à des faisceaux lumineux de différentes longueurs d’onde, l’activité d’un groupe de cellules ou de certains gènes.

Cette technique a permis en quelques années de remarquables avancées dans la compréhension du fonctionnement de notre cerveau.

Il y a quelques semaines par exemple, des chercheurs de l’Université de Munich ont découvert, grâce à cette technique de stimulation lumineuse, que les ondes "lentes" de basse fréquence produites par notre cerveau au cours du sommeil profond, étaient produites par un petit groupe très localisé de neurones, situés dans le cortex cérébral (Voir Cell).

Mais l’optogénétique ouvre également une voie entièrement nouvelle en tant qu’outil thérapeutique : en 2010, des chercheurs américains de l’Université Duke ont notamment monté que l’optogénétique permettait de combattre efficacement l’état dépressif lié au stress chez la souris.

En avril 2012, une autre équipe américaine de l’Université de Stanford, dirigée par Karl Deisseroth, le « père » de l’optogénétique, a publié un article qui montre toutes les potentialités thérapeutiques de cette technique encore balbutiante dans le traitement de nombreuses maladies neurologiques ou psychiques, dépression, Parkinson, autisme… (Stanford).

Enfin, comment ne pas clore ce bref panorama des technologies de rupture sans évoquer la fusion thermonucléaire contrôlée qui doit être soigneusement distinguée de l’ensemble des réacteurs nucléaires actuels qui utilisent un autre principe, la fission nucléaire.

Cette technologie consiste à provoquer, comme cela se passe naturellement dans le soleil, la fusion d’isotopes d’hydrogène (le deutérium et le tritium), soit par confinement magnétique (dans des tokamaks qui tiennent leur nom de leurs origines russes), soit par confinement inertiel, en utilisant des lasers extrêmement puissants.

Lorsque cette réaction de fusion a lieu, elle dégage une quantité d’énergie phénoménale, de l’ordre de 4 millions de fois supérieure, à quantité égale de matière utilisée, à celle que dégage le gaz ou le charbon ! En outre, cette technologie n’entraîne pas de déchets radioactifs à longue vie et n’émet pas de gaz à effet de serre.

Depuis 50 ans, les progrès dans la maîtrise de cette technologie ont été considérables et aujourd’hui les scientifiques espèrent atteindre dans quelques années l’équilibre énergétique, c’est-à-dire produire autant d’énergie par cette technique qu’il en a fallu pour générer cette réaction de fusion.

C’est tout l’enjeu du réacteur expérimental ITER, en construction dans le sud de la France à Cadarache. Ce réacteur, fruit d’une coopération internationale, doit permettre d’atteindre d’ici 2030 une maîtrise suffisante de cette technologie pour envisager par ce moyen une production massive et propre d’électricité à partir des années 2040.

On le voit, il n’est pas facile de prédire quelles seront les ruptures technologiques qui vont vraiment bouleverser notre vie d’ici 20 à 30 ans et une chose est sûre : la plupart des prochaines révolutions techniques n’ont pas encore été inventées et nous surprendront !

Mais, ce que nous devons comprendre, comme le rappelle avec force un grand nombre de scientifiques de haut niveau, comme Serge Haroche, notre récent prix Nobel de physique, c’est qu’il ne faut pas tomber dans une conception purement « utilitariste » et économique de la recherche scientifique.

Si la recherche et l’innovation ne peuvent évidemment s’affranchir des contraintes économiques et des exigences de rentabilité et de compétitivité, il est néanmoins indispensable, pour ne pas dire vital pour notre avenir, de continuer à prévoir des structures, projets et programmes spécifiquement dédiés à la recherche fondamentale et théorique de très haut niveau, s’inscrivant sur le long terme.

Ce type de recherche constitue en effet un investissement qui s’avère toujours gagnant car les grands sauts scientifiques conceptuels et théoriques finissent toujours par provoquer des ruptures technologiques majeures, comme le montre l’exemple de la physique quantique ou celui de la génétique.

Si notre vieux continent souhaite conserver son niveau de développement économique et social et son excellence scientifique, il doit d’urgence mettre en œuvre des grands projets de recherche, au financement garanti, non sur trois ou cinq ans, mais sur 10 ou 15 ans. C’est à ce prix que nous parviendrons à retrouver notre capacité d’innovation et notre compétitivité économique face aux nouvelles puissances émergentes qui, chaque jour, nous prennent des marchés et des emplois et affirment leurs ambitions mondiales.

Nous avons tous les atouts économiques, scientifiques et culturels pour gagner cette bataille de l’intelligence mais nous devons apprendre à nous dégager de la tyrannie de l’instant et de la rentabilité à court terme et savoir regarder plus large et plus loin pour relever les immenses défis qui nous attendent.

mercredi 6 juin 2012

Google achète Quickoffice, un créateur de logiciel pour smartphones

Google achète Quickoffice, un créateur de logiciel pour smartphones
Deux acquisitions en une journée pour le géant de l'Internet. Après le service de messagerie instantanée Meebo, c'est au tour de Quickoffice de rejoindre Google.

Google a annoncé mardi l'acquisition pour un montant non précisé du créateur de logiciels Quickoffice, qui permet notamment de créer et éditer des documents sur un smartphone ou une tablette.

Quickoffice est «leader en termes de solution de productivité», a souligné l'ingénieur en chef de Google, Alan Warren, annonçant l'acquisition sur le blog officiel du groupe.

Concurrencer Microsoft et Apple

Cet accord est destiné à aider Google à concurrencer Microsoft et Apple dans la téléphonie mobile, le logiciel de Quickoffice permettant de créer et retoucher des documents Microsoft aux formats Word, Excel et PowerPoint.

«Nous avons travaillé très dur à créer Quickoffice et à en faire un outil intégré, facile à utiliser et néanmoins puissant, pour lire, retoucher, synchroniser et partager des documents n'importe où, n'importe quand», a commenté un cofondateur de la petite société, Alan Masarek, sur le site de la petite société. «Aujourd'hui, nous ouvrons un nouveau chapitre avec Google», a-t-il ajouté.

mardi 29 mai 2012

Découverte d'un nouveau programme malveillant : Flame

L'éditeur de solutions antivirus Kaspersky a annoncé, lundi 28 mai, avoir découvert un nouveau programme malveillant, qui a infecté un grand nombre d'ordinateurs en Iran et dans la région israélo-palestinienne, avant le Soudan et la Syrie. L'attaque aurait visé des représentants étatiques, mais aussi des universitaires, selon les études préliminaires.

Baptisé Flame, le programme serait "dans la nature depuis au moins deux ans. Mais à cause de son extrême complexité, aucun logiciel de sécurité n'a pu le détecter", indique Kaspersky. A la différence de Stuxnet, ou même de Duqu, un autre virus capable de collecter des informations, "l'objectif premier de Flame est le cyberespionnage et le vol d'informations présentes sur les machines infectées". "

C'est une porte dérobée, un cheval de Troie, mais aussi un programme doté de fonctionnalités proches d'un ver informatique", explique le site Secure List. Une fois qu'il infecte un ordinateur, Flame obtient diverses sortes de données stockées sur l'appareil, est capable de prendre des photographies, d'enregistrer des conversations audio et de reconnaître les mots de passe tapés par l'utilisateur.

Le mode d'infection demeure toutefois inconnu. "Nous avons des suspicions à propos de l'exploitation d'une vulnérabilité de Windows, mais nous ne pouvons pas encore le confirmer", note Secure List. L'origine de l'attaque fait également l'objet de spéculations, mais selon les experts, cités par le Washington Post, la sophistication du programme laisse penser qu'une puissance étatique a participé à son élaboration. Mais comme l'indique Secure List, "il n'y a aucune information dans le code, qui permette d'identifier une quelconque nation. Donc, comme pour Stuxnet et Duqu, les auteurs demeurent inconnus".

Après les annonces de Kaspersky, les autorités iraniennes ont annoncé avoir développé un outil permettant de suppimer ce nouveau programme malveillant.

mercredi 23 mai 2012

Leap, le contrôle de l'écran du bout des doigts


Le concept de Leap, dévoilé lundi 21 mai, par la jeune pousse Leap Motion, promet de modifier considérablement le lien entre l'homme et sa machine. Plus besoin de souris ni d'écran tactile, un simple boîtier d'une dizaine de centimètre, relié sans fil au port USB de l'ordinateur, permet de contrôler l'ordinateur. Jouer à des jeux de tir, zoomer sur une carte, ou dessiner à la volée... Les possibilités semblent infinies. Vendu 70 dollars (55 euros), Leap devrait être commercialisé entre décembre 2012 et janvier 2013.

lundi 21 mai 2012

Facebook en forte baisse

Le titre de Facebook, champion des réseaux sociaux, a entamé aujourd’hui sa deuxième journée de cotation très nettement en deçà de son prix d’introduction vendredi à Wall Street. Vers 14h GMT, le titre Facebook accentuait ses pertes et s’enfonçait de 13,68% à 33,00 dollars sur la plateforme boursière technologique Nasdaq, après une ouverture en baisse d’environ 8%.

Bien que le groupe soit valorisé à 104 milliards de dollars, la réception plutôt tiède des investisseurs montrait pour certains experts que ceux-ci ont retenu la leçon de la frénésie autour des valeurs internet. Ils veulent maintenant savoir si la popularité du réseau social aux 900 millions d’utilisateurs peut se traduire en bénéfices.

Facebook a mis vendredi sur le marché 421 millions d’actions, pour une opération à 16,02 milliards de dollars, la plus grosse pour une valeur internet, la deuxième plus grosse pour une valeur américaine tous secteurs confondus.

L’entrée en Bourse si attendue du géant des réseaux sociaux sur internet, lancé il y a huit ans dans une chambre d’étudiant d’Harvard, s’était terminée sur une déception, le titre n’ayant arraché qu’une maigre progression de 0,61% pour finir la séance à 38,23 dollars, soit 23 cents au-delà du cours d’introduction.

jeudi 10 mai 2012

Les ventes sur Internet ont bondi de 24 % au premier trimestre

Le chiffre d'affaires réalisé sur la Toile par les commerçants a atteint 11 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année. Si le panier moyen diminue, la fréquence des achats augmente.

Les sites de vente sur Internet ne connaissent pas la crise. Selon le bilan publié jeudi par la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad), le chiffre d'affaires réalisé sur la Toile par les commerçants, calculé selon les remontées des principales plates-formes de paiement, a encore progressé de 24 % au cours du premier trimestre, à 11 milliards d'euros. La hausse était de 20 % au cours de la même période de 2011. A périmètre constant, selon le baromètre iCE 40 qui regroupe les informations fournies par 40 sites, la croissance est de 10 % pour les trois premiers mois de l'année. La différence est nourrie par la hausse du nombre d'acheteurs sur le Web (31 millions, +11 %) et par l'augmentation du nombre de sites disponible. Il s'en est créé 18.800 au premier trimestre et on en compte désormais 104.100.


« Chercher les bonnes affaires »

Le fait marquant de la période est la baisse de 4 % du panier moyen, à 89 euros. « Il s'agit du plus bas niveau enregistré depuis 2009 », note la Fevad. Mais ce recul est compensé par la fréquence des achats. Chaque cyberacheteur en a réalisé 5 en moyenne entre le 1er janvier et le 31 mars, contre 4,4 un an auparavant. « On voit que le e-commerce sert toujours, et plus que jamais en période de crise, à chercher les bonnes affaires, et ce de plus en plus souvent », résume Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.


Parmi les secteurs d'activité, la mode poursuit sa conquête d'Internet (+14 %). En revanche, la croissance des ventes de produits high tech et d'électroménager s'essouffle (+5 %, contre +7 % au premier trimestre 2011). Mais les sites spécialisés comme Cdiscount, ou ceux de la FNAC ou Darty, surperforment le marché qui, selon la Banque de France, a baissé de 8 % sur la période.


Au terme du premier trimestre, enfin, Amazon (12,6 millions de visiteurs uniques par mois) s'affirme comme le premier site marchand en France, suivi de PriceMinister, eBay, Cdiscount (9 millions environ) et la FNAC. Les sites de La Redoute et Darty sont respectivement septième et quatorzième.

lundi 7 mai 2012

lundi 23 avril 2012

Le cloud computing pollue-t-il la planète ?

L’informatique dématérialisée ne l’est jamais vraiment : si vos données sont stockées en ligne via le «cloud computing», elles le sont dans des «data centers» géants et énergivores. Greenpeace publie une étude assassine sur le sujet. Mis en cause, Apple a dévoilé une partie de son jeu… Une opération qui ne trompe personne, rétorque Greenpeace.
Amazon, Apple et Microsoft ont «largement recours aux énergies sales» pour leurs services dématérialisés de type cloud computing (stockage de données en ligne), a affirmé mardi Greenpeace, qui a en revanche distribué des bons points à Facebook, Google et Yahoo!.

L'organisation écologique a publié mardi un rapport dans lequel elle note les comportements des géants des nouvelles technologies dans la gestion de l'informatique dématérialisée, ces services permettant aux internautes de stocker leurs données ou programmes en ligne.

Si ces données ne sont plus stockées sur les ordinateurs ou smartphones des particuliers, elles le sont dans des «data centers qui abritent des milliers d'ordinateurs stockant et gérant toutes les données prêtes-à-consommer que nous accumulons», note Greenpeace dans son rapport. Or, ces centres de données «consomment une très grande quantité d'électricité : l'équivalent d'environ 250.000 foyers européens pour certains d'entre eux», poursuit le rapport.

«On adore nos iPhone mais ils ne doivent pas rendre les choses plus difficiles pour la planète»

Amazon, Apple et Microsoft, trois entreprises américaines, «n'accordent pas suffisamment d'attention à la provenance de l'électricité qu'elles consomment et continuent d'avoir largement recours aux énergies sales pour alimenter» ces services dématérialisés, affirme Greenpeace.

«Il ne s'agit pas de clouer (ces entreprises) au pilori, nous essayons de les pousser dans la bonne direction, a expliqué Casey Harrell, un responsable de Greenpeace. On adore nos iPhone, ils nous facilitent la vie, mais ils ne doivent pas rendre les choses plus difficiles pour la planète.»

Yahoo! et Google continuent en revanche «de montrer l'exemple», tandis que Facebook «est désormais l'ami des énergies renouvelables», selon le rapport.

Cloud computing et environnement : le cas Apple

Apple a aussitôt réagi. Via un communiqué cité par le New York Times, la firme à la pomme a précisé que le centre de données évoqué par l’organisation environnementale consommerait environ 20 millions de watts en charge maximale, «nettement moins que l’estimation de Greenpeace, qui est de 100 millions de watts».

Le défenseur de la nature souligne néanmoins que l’investissement consenti par Apple pour ce data center, soit 1 milliard de dollars sur 10 ans, aurait dû, selon les prix du marché, lui permettre d’atteindre 100 millions de watts (d’où son estimation). «Apple est certes connu pour fabriquer des appareils plus coûteux que les autres, mais si son investissement de 1 milliard de dollars ne génère que 20 millions de watts en énergie, cela donnerait une dimension vraiment nouvelle au fameux Apple premium», ironise Greenpeace.

Et de conclure : «Tout en appréciant la tentative d’Apple de fournir davantage de détails sur son iData Center de Caroline du Nord, il ne semble pas qu’ils aient dévoilé la totalité de leurs informations. Au contraire, ils paraissent chercher à ne fournir qu’une sélection d’informations afin de minimiser leur empreinte écologique sale.»

Le dossier du cloud computing et de son impact sur l’environnement n’est décidément pas clos.

dimanche 22 avril 2012

On a retrouvé le chef des Anonymous !

C'est incroyable ! Dingue ! Énhaurme ! Qui aurait pu soupçonner ?!?!

mercredi 18 avril 2012

mardi 17 avril 2012

Google pourrait lancer son service d'hébergement de fichiers.

Google pourrait lancer son service d'hébergement de fichiers. Ce système de "disque dur virtuel" pourrait être présenté dès la semaine prochaine. Le groupe du moteur de recherche pourrait proposer, dans son offre de base, 5 gigabits de stockage. Le service serait par ailleurs accessible sur plusieurs plateformes : sur PC, Mac, mais aussi sur les terminaux mobiles utilisant les systèmes Android et iOs. 

CONCURRENCE DANS LE "CLOUD"

 Avec ce système Google souhaite obtenir une part du marché du stockage en ligne, où de nombreux acteurs se sont déjà positionnés. Fondé en 2007 à San Francisco, Dropbox revendique aujourd'hui 45 millions d'utilisateurs à travers le monde. Les concurrents de Google se sont également déjà lancés dans la "bataille du cloud". iCloud, d'Apple, Cloud Drive, d'Amazon et SkyDrive, de Microsoft permettent aussi aux utilisateurs d'accéder à leurs fichiers en ligne.

dimanche 8 avril 2012

Sommes-nous prêts à affronter un tsunami solaire ?


Tout comme il y a une saison des ouragans aux Caraïbes et aux Etats-Unis, il existe une saison des tempêtes solaires, associée au cycle d'activité de notre étoile, qui grimpe à un maximum tous les onze ans. Le cycle numéro 24 dans lequel nous sommes devrait atteindre son maximum en 2013 selon les prévisions des astronomes. Après trois années (2006 à 2008) de transition très calmes, l'activité solaire monte doucement mais sûrement en puissance, comme le montrent les signaux violents enregistrés au cours des derniers mois. Illustré par la photo qui ouvre ce billet, le dernier événement date du 16 avril. Il s'agit d'une éruption moyenne associée à une grosse protubérance qui finit par éclater comme une bulle de savon et expédie une partie de son contenu dans l'espace. Une vidéo (en accéléré car le tout a pris quelques heures) est visible ci-dessous


Cette bulle, plus grosse que la planète géante Jupiter, n'était cependant pas bien méchante. En tout cas moins que l'éjection de masse coronale (EMC) enregistrée au mois de mars, qui a expédié son contenu de particules électriquement chargées droit sur la Terre. Il arrive fréquemment que le Soleil éjecte, lors d'une EMC, plus d'un milliard de tonnes de particules, à des vitesses de plusieurs centaines voire de plusieurs milliers de kilomètres par seconde. Heureusement pour nous, le champ magnétique de notre planète nous protège en déviant en grande partie ce plasma. Mais pas complètement. La magnétosphère n'est pas étanche, les particules peuvent y pénétrer et descendre jusqu'à l'atmosphère où elles provoquent les aurores boréales et australes. Pendant l'événement de mars, la haute atmosphère a ainsi reçu pour 26 milliards de kilowattheures d'énergie, soit l'équivalent de 5 % de l'électricité consommée en France en une année entière ! Une grande partie de cette énergie a été renvoyée vers l'espace et aucun dégât n'a été à déplorer.

Ce n'est pas le cas de toutes les EMC. Ainsi, en mars 1989, trois jours après avoir quitté le Soleil, un énorme nuage de particules vient, comme un puncheur, frapper la magnétosphère terrestre. Des aurores boréales se voient jusqu'au Texas. Et, surtout, des courants électriques induits par l'orage géomagnétique font sauter les uns après les autres les systèmes de sécurité du réseau électrique au Québec, laissant quelque 6 millions de personnes sans courant pendant neuf heures en cette fin d'hiver canadien. L'addition est salée : entre les réparations du réseau électrique, les protections supplémentaires qui y sont apportées et le manque à gagner de l'économie locale, la note s'élève à 2 milliards de dollars. Corollaire de l'incident, les agences spatiales ont perdu temporairement le contact avec des centaines de satellites.

Selon les astronomes, cet événement de 1989 n'est que de la petite bière à côté d'une autre tempête solaire survenue cent trente ans plus tôt. Au début du mois de septembre 1859, des aurores qu'on n'ose plus qualifier de boréales se voient dans les Antilles et jusqu'au Venezuela. A l'époque, les réseaux électriques n'existent pas et il n'y a donc pas de risque de ce côté-là. En revanche, des courants induits parcourent joyeusement les lignes du... télégraphe, faisant jaillir des étincelles aux poteaux et envoyant des décharges électriques à des employés. Les conséquences de cette EMC, au beau milieu du XIXe siècle ont somme toute été limitées. S'il se produisait aujourd'hui, le même phénomène, exceptionnel, aurait des répercussions nettement plus dramatiques. En cent cinquante ans, des réseaux de toutes les sortes se sont construits. Non seulement un tel événement mettrait à bas bien des réseaux électriques pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, mais il s'attaquerait aussi aux oléoducs et aux gazoducs en accélérant leur oxydation, il détruirait probablement des satellites ainsi que de nombreux composants électroniques de divers appareils et couperait temporairement les communications radio et toute géolocalisation. Ce dernier point n'est pas négligeable car, comme l'a fait remarquer mon confrère du Monde, Yves Eudes, dans un récent article, "les systèmes GPS jouent désormais un rôle essentiel dans de nombreux secteurs d'activités : les transports terrestres, aériens et maritimes, la gestion de conteneurs, le guidage des machines agricoles, les communications électroniques et même les banques, qui se servent des signaux satellites comme d'une horloge universelle pour dater des transactions financières au centième de seconde." Un récent rapport américain estime que, pour les seuls Etats-Unis, un tel tsunami solaire pourrait coûter la bagatelle de 2 000 milliards de dollars, soit l'équivalent de vingt ouragans Katrina. Il faudrait en outre de quatre à dix ans pour tout remettre en ordre.

Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas prêts, explique en substance, dans un commentaire publié ce mercredi 18 avril dans Nature, Mike Hapgood, qui dirige l'unité de recherche sur l'environnement spatial au Rutherford Appleton Laboratory, un grand laboratoire de recherche britannique. Pour ce chercheur, notre dépendance au réseau électrique nous rend plus vulnérables que jamais, parce qu'il n'est pas configuré pour résister à une EMC majeure : "De nombreux systèmes électriques menacés sont conçus pour résister à des événements tels que ceux que l'on a vus au cours des 40 dernières années : il est par exemple désormais requis que les nouveaux transformateurs soient capables de résister aux conditions subies en 1989. Le tremblement de terre et le tsunami japonais de l'année dernière montrent quels dangers il y a à se préparer pour faire face seulement à des événements semblables à ceux des dernières décennies. Au lieu de cela, nous devrions nous préparer pour une tempête spatiale comme on n'en voit qu'une fois tous les mille ans."

De la même manière que, grâce au développement de la météorologie, nous organisons des alertes aux orages, aux tempêtes, aux ouragans, aux crues ou aux avalanches, il faut investir dans la météo spatiale. Cela commence, explique Mike Hapgood, par mieux connaître les risques et les phénomènes. Or, si les données satellitaires d'étude du Soleil sont de plus en plus fournies, elles ne couvrent que la période récente. Des données sur l'ionosphère existent sur 80 ans et celles sur le champ magnétique ont plus de 170 ans. Le hic, c'est qu'elles existent uniquement sur papier... Il faut donc les numériser et Mike Hapgood imagine que l'on pourrait, via le web, répartir cette tâche immense entre de nombreux bénévoles, tout comme le projet Solar Stormwatch demande aux internautes de décortiquer les films des incidents solaires pris par des satellites, en suivant des instructions simples. Autre tâche, qui incombe cette fois à 100 % aux scientifiques : mieux modéliser les EMC, pour comprendre comment elles voyagent dans le milieu interplanétaire et comment elles injectent leur énergie dans l'atmosphère. Pour Mike Hapgood, les modèles existants sont comparables à ceux de la climatologie il y a un demi-siècle. Enfin, et c'est à la fois le plus simple et le plus compliqué (parce que le plus coûteux), il faut renforcer la protection des réseaux et de leurs matériels. Tout simplement parce que notre société est devenue plus vulnérable en se rendant dépendante de ces systèmes. Leurs fragilités sont nos faiblesses.

mercredi 15 février 2012

Cloud Go Back !

Ou il sera question de mettre en place un API qui rapatriera automatiquement dans l’entreprise les données envoyées dans le nuage. Un sorte de boîte noire qu’il s’agira ensuite de stocker durablement dans et hors de l’entreprise. Un telle solution, que je baptiserai Cloud Go Back ou Cloud Return into Black Box (CRIBB), pourrait être commercialisée il me semble.

Explications :

L’année dernière, traversant une passe financière difficile, Yahoo ! annoncait la fermeture du site numéro 1 de signets partagés, Delicious. Des millions d’internautes risquèrent alors de perdre les données qu’ils avaient patiemment accumulées depuis des années. Devant l’émoi suscité, Delicious fut in extremis sauvé et racheté par les fondateurs de Youtube. La semaine dernière on apprend que c’est le site Flickr, première base de donnée photographique de la planète et également propriété de Yahoo Inc. qui pourrait, pour les mêmes raisons, tomber également. Des milliers d’internautes tentent alors de récupérer leurs photos grâce à une application tierce (API) que FlickR s’empresse de bloquer pour arrêter l’hémorragie.

Depuis quelques années, les développements de l’informatique nomade (smartphones et tablettes) ont croisé les chemins de l’informatique en nuage, le cloud computing. Dans le domaine de la musique (avec les abonnements), dans celui du cinéma (avec la VOD) comme dans celui de nos usages connectés quotidiens, culminent la dématérialisation et la déportation dans le cloud de nos données personnelles, de nos documents privés, mais également des productions culturelles de sociétés entières. Trop souvent sous la forme d’un aller-simple. Combien de musées, d’universités, d’entreprises de toutes tailles, d’organismes publics, sont aujourd’hui capables d’affirmer qu’ils possèdent une copie numérique « résidente » de l’ensemble des données et informations qu’ils ont ainsi essaimé dans les nuages ?

Aujourd’hui nos disques durs servent principalement à faire tourner les applications et les programmes disponibles sur nos tablettes et nos ordinateurs ; mais nos données, notre musique, nos vidéos sont, elles, dans les nuages. L’épisode de Delicious hier et aujourd’hui la rumeur autour d’une fermeture de Flickr doivent nous alerter sur un danger passablement plus critique pour nos sociétés humaines que la seule virtualisation de nos disques durs et de leurs contenus.

Combien d’entre nous avaient été capables d’anticiper la fermeture si brutale et soudaine de MegaUpload, modèle archétypal de la consommation culturelle connectée, et responsable à lui seul de plus de 4% de l’ensemble du traffic internet ? Combien d’entre nous se sont ainsi, subitement, retrouvés à errer en quête de contenus culturels à consommer ? Non qu’il faille regretter la fermeture de Megaupload, mais plutôt y voir la preuve supplémentaire de l’absence ou de l’indigence d’une offre culturelle légale adaptée. Au lendemain de cette fermeture, un internaute écrivait sur son mur Facebook : « J’arrêterai les pratiques jugées illégales le jour où vous me direz où je peux trouver, à un prix raisonnable, toutes les séries américaines disponibles en streaming, sous-titrées en français, dans la semaine qui suit leur diffusion aux USA et non 1 ou 2 ans après. »

Est-il envisageable que Google décide de fermer YouTube et qu’en disparaissent alors les innombrables mémoires quotidiennes enregistrées, mais également l’ensemble des trésors culturels qui n’existent que sur cette plateforme ? Les millions de blogs hébergés sur Blogger peuvent-ils disparaître ? Un aléa financier pourrait-il décider les actionnaires de Google à fermer le service Google Books ? Pour toutes ces questions, la réponse est, hélas, « oui ». Or, si les CGU (conditions générales d’utilisation) de ces services leur donnent toute propriété sur nos données, elles ne les engagent pas à nous permettre de récupérer l’intégralité de nos données en cas de fermeture.

Que perdrions-nous si nous perdions YouTube ? Si Google Books fermait ? Si Flickr disparaissait ? Dans le secteur culturel des bibliothèques, pourtant si souvent caricaturé pour son immobilisme et son conservatisme, des alternatives crédibles existent. Le projet Hathi Trust rassemblant de nombreuses bibliothèques universitaires américaines est en train de créer une « copie » de la base de donnée de Google Books et des ouvrages du domaine public qu’il contient. En France, l’INA assure l’archivage de notre patrimoine télévisuel. Les bibliothèques présentes sur FlickR dans le cadre de la plateforme FlickR : The Commons ont eu l’intelligence de toujours garder la main sur les fonds iconographiques qui y sont présentés.

Mais à l’échelle du cloud, de quelles mémoires de substitution disposeront-nous demain si certains services ferment, disparaissent ou s’ils décident de basculer vers un modèle économique payant ?

On commence à parler, notamment en France, d’investissement de la puissance publique et de partenaires privés pour mettre en place une architecture de cloud nationale, comme le fut et l’est toujours l’architecture RENATER pour l’accès à internet dans l’ensemble des établissements d’enseignement. Mais les hoquets du marché, les décisions qu’ils impliqueront sur le portefeuille de services de l’oligopole qui contrôle aujourd’hui l’ensemble de nos vies connectés, n’impliquent-ils pas de se poser la question autrement que sur le simple mode de la construction d’une alternative nationale ?

En se massifiant, nos modes de consommation culturelle s’uniformisent et se déplacent presqu’exclusivement dans les services des quelques géants qui contrôlent cette architecture des nuages — principalement Amazon, Apple, Facebook et Google. Les usages sont aujourd’hui trop bien installés pour jouer les néo-luddites et partir en guerre contre la virtualisation de l’ensemble de nos possessions culturelles individuelles et collectives. On lit souvent que « le web n’oublie rien », mais le web n’existe qu’au travers des acteurs, des infrastructures et des technologies qui y sont présents.

Alberto Manguel écrivait en 2005 que « les technologies modernes nous condamnent à nous occuper d’elles en permanence. » Or les sociétés humaines ont besoin de garder la main sur la constitution de leurs mémoires. Trop peu d’entre nous s’occupent aujourd’hui du devenir des productions culturelles individuelles et collectives dans les nuages. Et personne n’a encore sérieusement envisagé l’éventualité d’une éclaircie définitive, celle d’un ciel subitement sans nuages. Un ciel d’oubli.

Il importe que chacun sache et mesure à quel point l’idée d’une mémoire numérique pérenne confiée aux seules mains d’acteurs commerciaux est une folie culturelle, et un risque majeur pour les sociétés humaines qui sont, sans mémoire commune et sans référent stable en permettant la consultation, irrémédiablement condamnées à l’errance et aux dangers de l’idéologie.

dimanche 1 janvier 2012

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dimanche 3 avril 2011